La tête pensante de Nine Inch Nails a récemment apporté un très gros caillou à l’édifice de la culture rock libre et indépendante en publiant son dernier album The slip
, sous license creative commons. Si, musicalement, l’album s’inscrit plutôt dans la continuité de ses deux prédécesseurs, le geste relève en revanche d’une démarche assez radicale, mais pas forcément artistique.
Voici ce qu’on peut lire sur la page de téléchargement de The Slip (©2008 NIN):
- We encourage you to
- remix it,
- share it with your friends,
- post it on your blog,
- play it on your podcast,
- give it to strangers,
- etc.
The slip
se veut donc un bel outil promotionnel, d’autant plus efficace et bon marché que les internautes se chargeront gratuitement de sa diffusion. Voilà qui est très malin de la part de Trent Reznor. Après deux écoutes superficielles de The Slip, il me semble toutefois que le public aurait été véritablement gagnant si Nine Inch Nails avait plutôt libéré son chef-d’œuvre
The Downward Spiral, sorti en 1994.
L’aspect véritablement positif de cette libération est le possible coup de pouce
donné aux jeunes artistes qui veulent se faire une image et/ou de l’argent de poche en remixant le travail d’un grand
. NIИ est désormais une machine mercatique qui offre
ses services. Mais devions-nous en attendre davantage de la part du plus populaire des groupes de rock/métal dit industriel
?
Les fans de la première heure, adeptes de musique corrosive et addictive passeront leur chemin (d’ailleurs, ça fait longtemps qu’il préfèrent aller en rave), sauf à transformer le vieil adage anticapitaliste les meilleures choses sont gratuites en un simpliste si c’est gratuit, j’ai le droit de l’avoir.
D’où ce dernier point positif, d’ordre légal : un jour sans doute, l’internaute pourra télécharger gratuitement et légalement une œuvre commerciale au lieu de pirater de la merde… et inversement.
Notes additionnelles
- L’album précédent, Ghosts I-IV, est également disponible en téléchargement sous license libre sur Internet Archive : Details: Ghosts I – IV.
- Si vous bénéficiez d’une connexion internet à haut débit, préférez le format FLAC qui, contrairement au MP3, préserve la qualité sonore d’origine.